Libourne ne ressemble à aucune autre ville de Gironde. Construite à dessein au XIIIe siècle sur la langue de terre où la Dordogne reçoit l’Isle, elle porte dans sa géographie même la logique du commerce fluvial : deux rivières, deux flux de marchandises, un seul port capable de les concentrer avant l’expédition vers Bordeaux et, au-delà, vers l’Angleterre et les Flandres. C’est cette singularité que notre délégation s’efforce de rendre visible, chaque semaine, à travers son programme de visites guidées.
Le programme printemps-été 2026 démarre le samedi 9 mai et se poursuit jusqu’au 27 septembre. Les départs ont lieu à 9h30 devant la Porte du Grand-Port, rue des Docks. Chaque visite dure environ deux heures et ne nécessite aucune inscription préalable pour les groupes de moins de huit personnes — il suffit d’arriver cinq minutes avant le départ. Pour les groupes scolaires, associatifs ou les comités d’entreprise, une réservation reste toutefois recommandée afin que nos bénévoles puissent préparer un parcours adapté.
Cette saison, nous proposons trois parcours distincts selon la thématique choisie. Le parcours « Quais et gabares » longe les berges de la Dordogne depuis l’ancien chai Lacombe jusqu’au débarcadère des Sablons, en s’arrêtant sur les vestiges des anneaux d’amarrage et les marques de crue gravées dans la pierre. Le parcours « Bastide marchande » traverse le cœur de la ville close pour décrypter le plan hippodamien original, les couverts à arcades et les façades des maisons de négoce du XVIIIe siècle. Enfin, le parcours « Confluence vivante » propose une lecture paysagère du point de rencontre des deux rivières, en partenariat avec le club d’aviron local qui met à disposition un ponton d’observation.
« On ne récite pas une date ; on raconte pourquoi un entrepôt a été transformé en appartements dans les années 1970, pourquoi une cale a disparu sous le remblai de la rocade. »
Un guide bénévole de la délégationNos guides sont tous membres d’associations de quartier partenaires. Certains ont grandi dans les rues qu’ils décrivent ; d’autres ont découvert l’histoire de Libourne sur le tard et y ont trouvé une passion dévorante. Ce mélange de mémoire familiale et de recherche documentaire donne aux visites une densité qu’on ne trouve pas dans les circuits touristiques classiques. On ne récite pas une date ; on raconte pourquoi un entrepôt a été transformé en appartements dans les années 1970, pourquoi une cale a disparu sous le remblai de la rocade.
L’entrée est libre et gratuite, conformément à notre mission de rendre le patrimoine accessible à tous les habitants de l’agglomération libournaise, quelle que soit leur situation. Une corbeille de dons est posée à l’issue de chaque visite pour ceux qui souhaitent soutenir nos travaux d’inventaire et nos prochaines expositions. Les fonds collectés financent directement l’achat de matériel photographique et la numérisation d’archives privées que des familles libournaises nous confient régulièrement.
Pour l’automne, nous préparons déjà un nouveau parcours consacré aux femmes du négoce — épouses, veuves et filles de marchands qui ont tenu des comptoirs et géré des flottes de gabares souvent dans l’ombre des récits historiques officiels. Si vous disposez de documents familiaux, de photographies ou de témoignages oraux en lien avec ce thème, contactez-nous : votre contribution enrichira directement le contenu de ces futures visites.